La dermopigmentation est bien plus qu’une simple tendance beauté. C’est une technique de maquillage permanent qui utilise un dermographe — un appareil électrique de précision — pour implanter des pigments dans la couche superficielle de la peau. Sourcils, lèvres, eye-liner, aréoles mammaires, cicatrices : ses applications sont aussi variées que ses bénéficiaires.
Que vous envisagiez une séance de dermopigmentation pour sublimer votre regard, reconstruire une aréole après une chirurgie ou tout simplement gagner du temps chaque matin, ce guide complet vous accompagne. Technique, déroulement, cicatrisation, prix, colorimétrie : tout ce qu’il faut savoir avant de franchir le pas.
Marie-Christine Fournel, pionnière de la dermopigmentation en France depuis 1993 et fondatrice d’Art Makeup Academy, partage son expertise de 47 ans pour vous aider à faire un choix éclairé.
Points clés à retenir
- La dermopigmentation utilise un dermographe électrique — un appareil de précision qui implante les pigments à profondeur constante, pour des résultats durables et réguliers.
- Les résultats durent entre 12 et 24 mois — selon le phototype, la zone traitée et le mode de vie, avec une retouche recommandée tous les 12 à 18 mois.
- Les applications vont bien au-delà de l’esthétique — reconstruction d’aréoles mammaires, camouflage de cicatrices, vitiligo, alopécie : la dimension réparatrice est en plein essor.
- La colorimétrie est la clé d’un résultat naturel — le choix du pigment adapté au phototype de chaque cliente fait la différence entre un résultat réussi et un résultat décevant.
- Une séance coûte entre 200 et 600 EUR — selon la zone traitée, la technique et l’expérience de la praticienne.
Qu’est-ce que la dermopigmentation
Le principe : implanter des pigments avec un dermographe
La dermopigmentation — également appelée maquillage permanent au dermographe — est une technique qui consiste à introduire des pigments biocompatibles dans le derme superficiel à l’aide d’un appareil électrique rotatif. Contrairement au microblading qui utilise une lame manuelle, le dermographe contrôle électroniquement la profondeur et la fréquence d’implantation, ce qui garantit une régularité impossible à obtenir à la main.
Le principe est comparable au tatouage, mais avec deux différences majeures. D’abord, les pigments utilisés sont spécifiquement formulés pour s’estomper progressivement — ils ne sont pas permanents à vie. Ensuite, la profondeur d’implantation est plus superficielle (0,3 à 0,8 mm contre 1 à 2 mm pour un tatouage), ce qui permet une évolution naturelle du résultat au fil du temps.
Les différences avec le microblading et le tatouage
La confusion entre ces trois techniques est fréquente. Voici ce qui les distingue concrètement :
| Critère | Dermopigmentation | Microblading | Tatouage |
|---|---|---|---|
| Outil | Dermographe (machine) | Lame manuelle | Dermographe de tatouage |
| Profondeur | 0,3 à 0,8 mm | 0,2 à 0,5 mm | 1 à 2 mm |
| Durée | 12 à 24 mois | 8 à 18 mois | Permanent |
| Pigments | Résorbables, normes UE | Résorbables | Encres permanentes |
| Contrôle profondeur | Électronique (précis) | Manuel (variable) | Électronique |
| Types de peau | Tous types | Peaux sèches à normales | Tous types |
L’avantage déterminant de la technique au dermographe : elle convient à tous les types de peau, y compris les peaux grasses sur lesquelles le microblading a tendance à diffuser. C’est l’une des raisons pour lesquelles les professionnelles expérimentées privilégient désormais cette approche.
Les zones et applications de la dermopigmentation
Sourcils : la spécialité la plus demandée
Les sourcils représentent environ 60 % des prestations de maquillage permanent. La technique au dermographe permet de réaliser aussi bien le poil par poil hyperréaliste que l’ombrage poudré ou le microshading. Chaque technique répond à un type de peau et à un résultat esthétique différent.
Le poil par poil convient aux clientes qui souhaitent un rendu naturel avec des traits imitant de vrais poils. L’ombrage, en revanche, crée un effet poudré plus dense, idéal pour les sourcils très clairsemés ou les peaux grasses. La combinaison des deux — appelée « combo brows » — offre le meilleur des deux mondes.
Lèvres : le candy lips et le lip blush
La pigmentation des lèvres connaît une forte progression. Le « candy lips » — un dégradé de couleur qui intensifie la teinte naturelle des lèvres — est la technique la plus demandée. Le « lip blush », plus subtil, se contente de raviver la couleur sans modifier la forme. Ces deux approches donnent un effet « lèvres mordues » très naturel, sans le côté figé des techniques anciennes.
Pour les lèvres, la maîtrise de la colorimétrie est particulièrement critique. La muqueuse labiale réagit différemment de la peau — les pigments évoluent plus vite et les virages de couleur sont plus fréquents si le choix initial n’est pas adapté.
Eye-liner : précision et regard intense
L’eye-liner permanent au dermographe permet de tracer une ligne précise le long des cils — supérieurs, inférieurs ou les deux. Du trait discret (ras de cils) au trait graphique plus marqué, la technique s’adapte à toutes les préférences. C’est la zone qui exige le plus de précision de la part de la praticienne, car la moindre asymétrie se remarque immédiatement.
La dermopigmentation réparatrice : au-delà de l’esthétique
L’un des aspects les plus remarquables de cette discipline est sa dimension médicale et réparatrice. De plus en plus de praticien·ne·s se spécialisent dans des interventions qui changent véritablement la vie de leurs patient·e·s.
Reconstruction d’aréoles mammaires
Après une mastectomie suivie d’une reconstruction mammaire, la dermopigmentation permet de recréer l’aréole et le mamelon avec un réalisme saisissant. C’est souvent la dernière étape du parcours de reconstruction, celle qui permet aux patientes de se réapproprier leur corps. Cette application requiert une formation spécifique en colorimétrie avancée pour reproduire les nuances naturelles de l’aréole.
Camouflage de cicatrices et vergetures
Les cicatrices — qu’elles soient post-chirurgicales, accidentelles ou liées à l’acné — peuvent être atténuées par la pigmentation corrective. Le principe : implanter un pigment de la couleur de la peau environnante pour uniformiser la zone. Le même principe s’applique aux vergetures, bien que les résultats varient selon la profondeur et l’ancienneté des marques.
Vitiligo et alopécie
Le vitiligo — cette affection qui provoque la dépigmentation de zones de peau — peut être partiellement corrigé par la pigmentation des zones touchées. L’alopécie (perte de cheveux), quant à elle, peut être traitée par la tricopigmentation : une technique qui simule des follicules pileux sur le cuir chevelu. Ces applications, de plus en plus demandées, ouvrent un marché complémentaire pour les professionnelles formées.
« La dermopigmentation réparatrice, c’est ce qui m’a le plus marquée dans ma carrière. Quand une patiente retrouve le sourire après la reconstruction de son aréole, ou qu’une personne atteinte de vitiligo ose enfin porter des manches courtes… Ce métier prend tout son sens. C’est bien plus que de la beauté. »
— Marie-Christine Fournel, experte en dermopigmentation depuis 1993
La colorimétrie : le secret d’un résultat naturel
Si la maîtrise du dermographe est la base technique, la colorimétrie est ce qui sépare une praticienne compétente d’une praticienne excellente. C’est la science du choix des pigments adaptés à chaque cliente — et c’est souvent le point faible des formations express.
Comprendre les phototypes et l’échelle de Fitzpatrick
Chaque peau réagit différemment aux pigments. L’échelle de Fitzpatrick classe les phototypes en 6 niveaux, de la peau très claire (phototype I) à la peau très foncée (phototype VI). Ce classement détermine le choix du pigment, sa concentration et la technique d’implantation.
Un pigment brun chaud parfait pour un phototype IV (peau méditerranéenne) peut virer au gris ou au bleu sur un phototype I (peau très claire) en quelques mois. C’est pourquoi les formations sérieuses consacrent un module entier à la colorimétrie — voire un livre complet de 137 pages dans les cursus les plus avancés.
Pigments organiques vs pigments inorganiques
Le choix du type de pigment est un autre facteur déterminant. Les pigments organiques offrent des couleurs vives et se résorbent plus rapidement. Les pigments inorganiques (à base d’oxydes de fer) sont plus stables dans le temps mais offrent une palette moins étendue. La plupart des professionnelles utilisent des mélanges calibrés qui combinent les avantages des deux familles.
Tous les pigments utilisés en France doivent être conformes à la résolution européenne ResAP(2008)1, qui encadre la composition, l’étiquetage et la traçabilité des substances injectées dans la peau. C’est une garantie de sécurité pour la cliente comme pour la praticienne.
Comment se déroule une séance
La consultation préalable : une étape indispensable
Toute prestation de qualité commence par une consultation approfondie. La praticienne évalue vos attentes, analyse votre type de peau, vérifie les contre-indications éventuelles et vous fait signer un consentement éclairé — obligation légale en France pour toute technique impliquant une effraction cutanée.
C’est également le moment du dessin préalable : la forme des sourcils, le tracé de l’eye-liner ou le contour des lèvres sont esquissés au crayon dermographique pour validation. Rien n’est pigmenté tant que vous n’avez pas approuvé le dessin.
Le protocole technique étape par étape
- Nettoyage et désinfection de la zone selon les protocoles d’hygiène en vigueur.
- Application de l’anesthésiant topique (crème EMLA ou équivalent) — 20 à 30 minutes de pose.
- Dessin et validation de la forme avec la cliente.
- Préparation des pigments : mélange adapté au phototype, selon la formule choisie.
- Première passe au dermographe : implantation de la base pigmentaire.
- Pause et évaluation : vérification de la symétrie et de la densité.
- Deuxième passe : densification, ajustements et finitions.
- Application du soin post-traitement et remise des consignes de cicatrisation.
La durée totale varie de 1 h 30 pour un eye-liner simple à 2 h 30 pour des sourcils complets avec ombrage. La douleur est généralement décrite comme un léger picotement, bien atténué par l’anesthésiant topique.
Cicatrisation et durée des résultats
Les phases de cicatrisation
Comme pour le microblading, la cicatrisation après une séance au dermographe passe par plusieurs phases qui modifient l’apparence du résultat. La différence : la cicatrisation est généralement plus rapide et plus douce grâce au contrôle de la profondeur d’implantation.
- Jours 1 à 3 : couleur très intense, léger gonflement. C’est normal — le pigment est encore en surface.
- Jours 4 à 7 : formation de fines pellicules. Ne surtout pas les arracher.
- Jours 7 à 14 : phase « fantôme » — le pigment semble s’estomper fortement. Pas d’inquiétude, il remonte progressivement.
- Semaines 3 à 5 : stabilisation de la couleur. Le résultat définitif est visible à ce stade.
Le cycle complet de cicatrisation est légèrement plus court qu’avec le microblading : 3 à 5 semaines contre 4 à 6, en moyenne. La retouche — recommandée dans 80 à 90 % des cas — s’effectue 4 à 6 semaines après la première séance.
Combien de temps durent les résultats
La tenue des pigments dépend de plusieurs facteurs : le phototype, la zone traitée, l’exposition au soleil, les soins de la peau et le type de pigment utilisé. En moyenne :
- Sourcils : 12 à 24 mois.
- Lèvres : 12 à 18 mois (la muqueuse se renouvelle plus vite).
- Eye-liner : 18 à 36 mois (la zone est peu exposée aux agressions).
- Applications réparatrices : variable selon la zone et la nature de la correction.
Une retouche annuelle suffit généralement à maintenir l’intensité et la fraîcheur du résultat. C’est d’ailleurs un avantage par rapport au tatouage : si les tendances esthétiques évoluent, le maquillage permanent évolue avec elles.
Les tarifs de la dermopigmentation en France
Les prix varient selon la zone, la complexité de l’intervention et la réputation de la praticienne. Voici les fourchettes observées en France en 2026 :
| Zone | Fourchette de prix | Retouche incluse |
|---|---|---|
| Sourcils (poil par poil ou ombrage) | 250 à 500 EUR | Généralement oui |
| Lèvres (candy lips / lip blush) | 250 à 500 EUR | Variable |
| Eye-liner (haut, bas ou complet) | 200 à 400 EUR | Souvent oui |
| Aréole mammaire (réparatrice) | 300 à 600 EUR | Variable |
| Tricopigmentation (cuir chevelu) | 500 à 1 500 EUR | Selon le praticien |
Pour les professionnelles qui souhaitent exercer, ces tarifs de prestation illustrent le potentiel de rentabilité du métier. Avec une séance moyenne à 350 EUR et 3 à 4 clientes par jour, le chiffre d’affaires peut rapidement dépasser les attentes — surtout pour une activité qui peut démarrer avec un investissement initial limité.
Ce que la réglementation exige en France
La pratique du maquillage permanent est encadrée par le Code de la santé publique. Pour exercer légalement, toute praticienne doit :
- Justifier d’une formation aux conditions d’hygiène et de salubrité (21 heures, arrêté du 12 décembre 2008).
- Déclarer son activité auprès de l’Agence régionale de santé (ARS).
- Disposer d’un local conforme avec un espace de stérilisation séparé.
- Utiliser des pigments conformes à la résolution européenne ResAP(2008)1.
- Informer la clientèle par écrit des risques et obtenir un consentement éclairé.
- Assurer la traçabilité complète des pigments et consommables utilisés.
Loin d’être un frein, cette réglementation est un atout pour les professionnelles sérieusement formées. Elle élimine les praticiennes improvisées et renforce la confiance de la clientèle. Les clientes bien informées vérifient ces éléments avant de prendre rendez-vous.
« La réglementation protège tout le monde : la cliente, la praticienne et la profession tout entière. Dans mes formations, je consacre un module complet aux obligations légales et aux protocoles d’hygiène, parce que c’est la base de la crédibilité professionnelle. Une praticienne qui ne maîtrise pas ces aspects n’est pas prête à exercer. »
— Marie-Christine Fournel, 47 ans d’expertise en maquillage permanent
Se former à la dermopigmentation : par où commencer
La voie professionnelle est accessible à toute personne motivée, avec ou sans background dans l’esthétique. Ce qui compte : la qualité de la formation, la pratique et l’accompagnement par une experte du métier.
Une formation d’excellence en dermopigmentation couvre l’intégralité des compétences nécessaires : maîtrise du dermographe, colorimétrie avancée (avec un livre dédié de 137 pages), techniques de tracé pour toutes les zones, protocoles d’hygiène et module business pour lancer son activité. L’accompagnement par Stella, l’assistante IA intégrée, permet de poser vos questions techniques 24 h/24.
Art Makeup Academy propose des formations complètes accessibles dès 197 EUR par spécialité, avec un accès à vie et un paiement en 3 ou 6 fois sans frais. La formation Excellence (1 997 EUR) inclut toutes les spécialités, la colorimétrie avancée et l’accompagnement par Marie-Christine Fournel, forte de 47 ans d’expérience et de plus de 1 500 élèves formées.
Questions fréquentes sur la dermopigmentation
Quelle est la différence entre dermopigmentation et microblading ?
La dermopigmentation utilise un dermographe (machine électrique) qui contrôle la profondeur d’implantation des pigments, tandis que le microblading utilise une lame manuelle. Le dermographe offre des résultats plus durables (12-24 mois vs 8-18), une cicatrisation plus rapide et convient à tous les types de peau, y compris les peaux grasses.
La dermopigmentation est-elle douloureuse ?
La plupart des clientes décrivent un léger picotement ou une sensation de vibration, bien atténué par la crème anesthésiante appliquée avant la séance. La douleur varie selon la zone traitée : les sourcils sont généralement moins sensibles que les lèvres ou l’eye-liner. La séance reste tout à fait supportable.
Combien de temps dure une séance ?
Comptez entre 1 h 30 et 2 h 30 selon la zone et la technique. Un eye-liner simple prend environ 1 h 30, des sourcils complets avec ombrage environ 2 h à 2 h 30. Ce temps inclut la consultation, le dessin préalable, l’anesthésie et la pigmentation elle-même.
Peut-on corriger des cicatrices avec cette technique ?
Oui, la pigmentation réparatrice permet de camoufler des cicatrices en implantant un pigment de la couleur de la peau environnante. Elle est aussi utilisée pour reconstruire les aréoles mammaires après mastectomie et pour atténuer les effets du vitiligo. La cicatrice doit être mature (au moins 12 mois) avant l’intervention.
Faut-il une formation spécifique pour pratiquer en France ?
Oui. La réglementation française exige une formation aux conditions d’hygiène et de salubrité (21 heures) ainsi qu’une déclaration auprès de l’Agence régionale de santé. Au-delà de cette obligation légale, une formation technique approfondie est indispensable pour maîtriser le dermographe, la colorimétrie et les protocoles de sécurité.
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